prolongement de la ligne 4

carte des travaux

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3/10/2011
Grégoire Germain: Opération Station !


Quand il était lycéen, Germain Grégoire, 31 ans aujourd’hui, voulait « faire du concret ». Dans un monde de plus en plus virtuel, il rêvait d’œuvrer sur le terrain. Entré à l’Ecole supérieure d’Ingénieurs des travaux de la construction à Caen, il s’intéresse particulièrement aux travaux souterrains. Son projet de fin d’études le conduit chez Razel qui l’embauche en 2005 et depuis 2008, il œuvre sur le prolongement de la ligne 4.

 De Modane à Montrouge

Le premier travail du jeune ingénieur a lieu en Savoie sur un projet de tunnel sous les Alpes : le Lyon-Turin Ferroviaire. Pendant presque trois ans, basé à Modane, il travaille sur le creusement d’une descenderie (tunnel en forte pente) de 4 km à l’explosif. Rien à voir avec les méthodes utilisées pour le tunnel du prolongement de la ligne 4 qui déclenche sa mutation à Paris en 2008 ! Affecté au « lot 2 », c’est-à-dire à la partie du chantier situé du côté de Montrouge, Grégoire Germain suit donc la construction de la nouvelle station ainsi que de ses accès. Ce gros chantier, qui a occupé au total jusqu’à  200 personnes, le passionne aussitôt. Conducteur de travaux, il a sous sa responsabilité les chefs de chantier, qui encadrent eux-mêmes les équipes « de production ». Il participe à l’organisation des travaux, l’établissement des méthodes et des plannings, la définition des moyens en matériel et en ressources humaines. « Je suis particulièrement intéressé par la démarche qui va de la conception des méthodes, faites sur le papier, jusqu’à la réalité du terrain ».

 Du fil à retordre

Cette réalité du terrain est parfois implacable. Sur la ligne 4, les terrains calcaires, affaiblis par l’exploitation ancienne de carrières, ont donné du fil à retordre aux opérations d’excavation et il a fallu repenser les méthodes, notamment en opérant des travaux d’injection qui n’étaient pas prévus au départ. De ce fait, la station qui devait au départ être percée du sud au nord, l’a finalement été du nord vers le sud ! Et puis il y a l’environnement urbain, très dense, dans lequel il a fallu s’insérer. Sans compter les réseaux souterrains de concessionnaires (gaz, eau, etc) qui, au démarrage du chantier, ont considérablement compliqués les « entrées en terre »! Rien à voir, donc, avec la première mission savoyarde, en pleine nature…
Certes, mais « voir l’ouvrage se dessiner au fil des mois selon vos méthodes, avec vos machines et surtout grâce au savoir faire de vos équipes, est très motivant, résume Grégoire Germain. Depuis trois ans, j’y passe 12 ou 13 heures par jour et la livraison des quais de la station le 9 septembre dernier, a été une grande satisfaction». D’autant que la date était ambitieuse et a nécessité la mobilisation de nombreux personnels pendant tout l’été.

 Un vrai défi

L’ingénieur travaux savoure cette « belle station » là où s’étalait il y a peu un énorme trou de 90 mètres de long ! « Nous sommes aussi heureux que cette excavation n’ait finalement provoqué que très peu de désordres dans les immeubles situés au-dessus du creusement. C’était un vrai défi puisque l’ouvrage excavé atteint, en une zone, presque 60 mètres de large ! ».
Malgré les difficultés donc, le chantier a été jalonné de moments forts : « Chaque percement (lorsque deux excavations se rejoignent) dans la partie tunnel ou sur les jonctions des différents couloirs et de la station, a été un événement pour toutes les équipes, avec une grande émotion… et des bouchons qui sautent ! ».
Le chantier a pris un important tournant : désormais c’est le moment de parachever les accès depuis la surface. La mission de Grégoire Germain s’achève fin décembre.
Et après ? « Je ne sais pas ce qui va m’arriver l’année prochaine. C’est une donnée du métier et un choix : on déménage fréquemment. Mais ce que je sais, c’est que ce chantier très technique m’a appris énormément de choses. Un réel atout pour le futur. »